Lorient Plus Fort Que L'Orient

8 août 2011 - 23:03

Dans un Parc des Princes plein à craquer, Lorient a douché le PSG (1-0), grâce à un but signé Quercia. L'équipe de la capitale, qui alignait cinq de ses huit recrues estivales, a du travail. Et pas de temps à perdre.

Le Paris Saint-Germain était attendu au tournant, il a déçu. Fébriles à des moments-clés et incapables de transpercer le mur de Bretagne (Nene, 37e et 85e, s'y est notamment cassé les dents), érigé par Lorient et symbolisé notamment par le roc Ecuele Manga, les hommes d'Antoine Kombouaré, sortis sous les sifflets, ont raté leur entrée en lice. Celle qui cristallisait toutes les attentes, celle que la France entière - et même davantage - scrutait. Sans Pastore, présenté au Parc avant le coup d'envoi, mais avec cinq de ses huit recrues estivales (Sirigu, Bisevac, Matuidi, Ménez et Gameiro), le PSG made in Qatar n'est parvenu que trop rarement à être à la hauteur de ses ambitions et de son nouveau statut, celui d'épouvantail du Championnat. La faute, entre autres, à sa bête noire lorientaise.

Avec leurs 5 millions d'euros dépensés cet été (contre 81,2 pour le PSG...) et quatre nouvelles têtes alignées d'entrée (Pedrinho, Mareque, Coutadeur et Quercia), les Merlus rêvaient de gâcher la fête parisienne. Par leur dévouement et leur solidarité collective surtout, mais aussi par leur intelligence tactique et leur faculté à tirer profit des errances parisiennes, les joueurs de Christian Gourcuff ont su donner corps à leur projet. Pétrodollars du Qatar ou pas, le PSG reste l'équipe qui réussit le mieux aux Lorientais en L1 (ils sont invaincus depuis cinq matches, ndlr), jamais aussi à l'aise que lorsqu'ils évoluent au Parc.

Comme Lorient, Quercia aime le Parc

Quercia, buteur ici-même avec Auxerre en octobre 2010, a vite intégré les bonnes habitudes prises depuis plusieurs saisons par son nouveau club. Seul au second poteau, à la réception d'un coup franc délivré par Jouffre, le successeur de Gameiro n'a pas tremblé au moment de tromper le pauvre Sirigu (28e, 1-0), abandonné par sa défense. Et, sans la maladresse de Monnet-Paquet (12e) et la malchance de Mvuemba (71e), le portier italien aurait vécu une bien sale première.

Cette défaite parisienne n'atténue même pas l'attente et l'engouement nés autour du projet qatari. Mais elle confirme une crainte et enfonce une porte ouverte. Sur le papier, le recrutement parisien est séduisant. Mais il faudra du temps pour que les individualités dont dispose Antoine Kombouaré deviennent les pièces d'un puzzle renvoyant l'image d'un collectif apte à jouer le rôle qui lui est destiné. «Time is money» sera peut-être tenté de répondre Nasser al-Khelaïfi, le nouveau président du conseil de surveillance parisien. Au PSG sous l'ère qatarie, bien plus qu'ailleurs, le temps c'est de l'argent.

Lyon et Montpellier prennent les devants

Pendant que les autres favoris trébuchaient, l'OL est allé s'imposer à Nice (3-1) pour devenir le premier leader de la saison 2011-2012 de Ligue 1 en compagnie de Montpellier, tombeur d'Auxerre (3-1). Fortune diverse pour les promus, puisque Ajaccio s'est incliné face à Toulouse (0-2) pendant qu'Evian-TG ramenait un nul de Brest (2-2).

Nice - Lyon : 1-3
Et pourtant, tout avait mal commencé pour l'OL, puni dès la 5e minute par un ancien de la maison, Anthony Mounier, opportuniste sur coup de pied arrêté. Mais Lyon possède un redoutable duo d'attaque, et Lisandro (9e) puis Bafé Gomis (32e) on permis au club rhodanien de repasser devant. Solides, les hommes de Rémi Garde ont ensuite douché les espoirs de l'OGC Nice grâce à un troisième but signé Maxime Gonalons, à l'affût après une tête de Lisandro repoussée par Ospina (75e). C'est peut-être anecdotique, mais alors qu'on a peu parlé de l'OL pour la course au titre, il est en tête ce soir.

Montpellier - Auxerre : 3-1
Alors qu'elle avait pensé à un gardien expérimenté pour suppléer Olivier Sorin, blessé, dans le but de l'AJA, la direction auxerroise avait finalement décidé de faire confiance au jeune Donovan Léon, 18 ans. Pour sa première en Ligue 1, il a vécu une soirée compliquée à Montpellier. Fautif sur le coup franc de Belhanda (36e), Léon n'a rien pu faire sur la frappe enroulée de Geoffrey Dernis (74e), avant de voir une frappe d'Olivier Giroud filer entre ses jambes (90e + 2). Entre temps, Alain Traoré avait expédié un missile de 25 mètres pour égaliser (45e + 1), mais le MHSC a fait très bonne impression.

Ajaccio - Toulouse : 0-2

Cinq ans après avoir quitté l'élite, l'AC Ajaccio a connu un retour aux affaires plus que délicat. Nettement dominé par des Toulousains bien en jambes, les Corses n'ont pas pesé bien lourd sur leur pelouse de François-Coty. Face à des Ajacciens volontaires mais techniquement limités, Devaux (45e) et Machado (73e) ont ainsi plombé la fête pour offrir au Téfécé un premier succès en Championnat. Avec 173 rencontres perdues sur 372 disputées en L1, l'ACA en est désormais à 46,5% de matches perdus au sein de la Première Division !

Brest - Evian TG: 2-2

Aussi éloquante puisse-t-elle paraître, la statistique est historique. Pour son premier match parmi l'élite, Evian-Thonon-Gaillard, petit poucet de cette Ligue 1, a converti ses deux premières occasions en buts. Sur la pelouse de Brest, les hommes de Bernard Casoni ont réalisé une belle opération. Mais les regrets seront nombreux. Après avoir mené 2-0, grâce à des réalisations de Sorlin (17e) et M'Madi (20e), ETG a finalement concédé le match nul, se laissant surprendre par Grougi (38e), puis Lesoimier (44e).

Caen - Valenciennes : 1-0
A la lutte jusqu'au bout pour le maintien l'an passé, Caen et Valenciennes ont livré un nouveau duel âpre à l'entame de la nouvelle saison. Mais c'est finalement le Stade Malherbe qui a pris le meilleur sur les Nordistes, grâce à une merveille de frappe lointaine signée Grégory Proment (34e). Malgré une bonne entame de match, VA débute donc par une défaite face à des Caennais qui ont peu brillé.

Lille n'aime toujours pas le mois d'août

Du haut de son statut de champion de France, Lille n'a pu ramener mieux qu'un nul (1-1) de son premier déplacement à Nancy, ce samedi, pour la reprise de la Ligue 1. La malédiction estivale se poursuit donc pour Rudi Garcia...

Depuis son arrivée sur le banc lillois, à l'été 2008, Rudi Garcia ne s'est jamais imposé lors de la première journée de Ligue 1. Pire, l'entraîneur des Dogues n'a pas encore décroché un succès en Championnat au mois d'août avec sa formation ! Une mauvaise série qui a une nouvelle fois trouvé son prolongement ce samedi, au stade Marcel-Picot de Nancy. Une semaine après avoir laisser échapper le Trophée des champions face à l'OM (5-4), Lille s'est de nouveau pris les pieds dans le synthétique lorrain.

Et de treize !

Comme face à Marseille, le Losc a ouvert la marque. Et comme face à Marseille, le Losc n'est pas parvenu à conserver son avantage. Malgré une flagrante domination, traduite par une possession de balle supérieure à 70%, le champion de France en titre a dû se contenter du point du nul. Profitant d'un mauvais dégagement de l'ASNL, Debuchy (47e) a permis à ses partenaires de prendre l'avantage dès le retour des vestiaires, avant que Béria (62e) n'égalise d'une tête contre son camp sur un corner. Un score de parité qui porte donc à treize le nombre de rencontres disputées par Rudi Garcia avec Lille au mois d'août sans connaître la victoire !

Faux-départ pour l'OM

Malgré un Lucho Gonzalez en grande forme, l'OM a été tenu en échec par Sochaux (2-2) ce samedi soir au Vélodrome pour la première journée de Ligue 1.

«Les prédispositions sont bonnes, mais il faut éviter de prendre une gifle». Toujours hanté par la défaite inaugurale subie la saison passée face à Caen -une fausse note qui, selon certains, a coûté le titre à l'OM- Didier Deschamps avait mis en garde ses joueurs avant la réception de Sochaux, ce samedi soir, pour l'ouverture du Championnat. Malgré les multiples avertissements de son entraîneur, Marseille, pourtant en pleine confiance après sa victoire face à Lille (5-4) lors du Trophée des champions, a de nouveau flanché pour sa rentrée, se contentant du match nul (2-2).

Un Lucho haut de gamme

Si le résultat est amer, les enseignements sont nombreux. Notamment concernant Lucho Gonzalez. L'Argentin, dont l'avenir à l'OM semble s'éclaircir, a offert une prestation haut de gamme. Aussi affûté qu'inspiré, l'ancien meneur de jeu de Porto a lourdement pesé sur le jeu olympien, enchaînant passes millimétrées et frappes dangereuses. Suite à un gros travail d'Alou Diarra, ce même Lucho a trouvé la faille à la demi-heure de jeu, d'une somptueuse volée du gauche.

Premier but pour Martin

Après avoir dominé la première période, Marseille, juste physiquement et fébrile défensivement, s'est laissé surprendre par Sochaux, plus audacieux au fil des minutes, notamment par l'intermédiaire de Maïga, très remuant sur le front de l'attaque. Sur un superbe centre de Corchia, Martin, révélation de la saison dernière, a égalisé (58e) avant que Nogueira (70e) ne donne l'avantage aux siens.

C'était sans compter sur Loïc Rémy (73e). D'une tête puissante, l'ancien Niçois a crucifié Richert sur un corner de Valbuena, entré en cours de jeu, et assuré le point du match nul. A défaut d'une victoire, les Phocéens ont soigné leur partition. Un minimun.

Rennes, donneur de leçon

En s'imposant largement à Dijon (5-1), Rennes s'installe en tête de la Ligue 1. Pour ses débuts à ce niveau, le club bourguignon a reçu une bonne leçon.

La Ligue 1 est cruelle. Et sans pitié. Avant de disputer son premier match dans l'élite, Dijon s'en doutait. Après s'être incliné lourdement devant Rennes (1-5), dans son antre de Gaston-Gérard, il a en a l'amère assurance. L'envie et l'enthousiasme des Bourguignons, plaisants à voir et même rafraîchissants par moments (notamment en première période), n'ont pas suffi à masquer de criantes lacunes défensives.

Sans Zarour, suspendu, ni Varrault, non qualifié, l'arrière-garde alignée dans l'urgence par Patrice Carteron a morflé. Et payé pour apprendre. Malgré ce que peut en dire, à chaud, le coach du DFCO. «Je n'ai pas envie de dire c'est le haut niveau, un apprentissage, ce genre de conneries, a assuré l'ancien défenseur au coup de sifflet final. Défensivement, on a eu beaucoup trop de manques. Cette saison va être un combat et on va se battre. Mes joueurs, je vais les encourager.»

Rennes efficace et pas malheureux

Tour à tour, Montano (33e), Féret (36e), Boukari (49e), Mangane (75e) et Tettey (84e) ont profité des largesses dijonnaises. Avec un plaisir certain et non dissimulé. Ce festival offensif, le deuxième en dix jours après le voyage gagnant (5-2) en Géorgie, offre le fauteuil de leader aux Bretons. Mais pas que. Il procure également aux joueurs de Frédéric Antonetti la sensation d'avoir progressé. Dans l'efficacité notamment. Ce large succès les ravit, l'anecdotique première place aussi. Mais qu'ils n'oublient pas de s'attarder sur les évènements des soixante premières minutes.

Une heure de jeu durant laquelle la moutarde est sérieusement montée au nez des Rouge et Noir, avec un but injustement refusé à Jovial (7e), qui a tout de même trouvé l'ouverture avant le repos (45e+1, premier but du DFCO en L1), une multitude de situations dangereuses dans la surface de Costil et un poteau droit salvateur sur le penalty exécuté par Thil (53e). Et si ses joueurs se sont mués en donneurs de leçons pour ouvrir leur Championnat, c'est encore Antonetti qui joue le rôle de professeur. Et qui distribue les réprimandes qui vont avec.

Les Verts enfin à l'heure

Saint-Etienne, qui n'avait plus entamé une saison par une victoire depuis vingt ans, est allé s'imposer à Bordeaux ce dimanche (2-1), grâce à un mélange de solidité et de réussite. Les Girondins, eux, ont encore du pain sur la planche pour retrouver leur cohésion passée. (Photo Reuters)

Au coup d'envoi de cette nouvelle saison, l'objectif des Bordelais et des Stéphanois est le même : le renouveau. Après une année 2010-2011 faite de hauts et de bas, ce sont les Verts qui ont redémarré de la meilleure des manières en allant s'imposer à Chaban-Delmas (2-1). Avec quatre de ses recrues alignées d'entrée (Ruffier, Mignot, Clément et Sinama-Pongolle), l'ASSE a brisé deux (très) longues séries. Les Verts n'avaient plus gagné à Bordeaux en Championnat depuis 1999. Pis, ils n'avaient plus remporté leur premier match, L1 et L2 confondues, depuis 1991 !

La réussite d'Aubameyang, la maladresse de Modeste

Pour attaquer cette nouvelle saison du bon pied, les hommes de Christophe Galtier ont bénéficié d'une bonne dose de réussite. Mickaël Ciani a d'abord dévié dans son propre but un centre de Bakary Sako (18e), avant qu'un centre du tibia de Pierre-Emerick Aubameyang ne lobe Carrasso pour rappeler aux supporters girondins les heures sombres de la saison passée (30e). A tout cela s'est ajoutée la maladresse bordelaise, symbolisée par un Anthony Modeste en grand manque de réalisme et conspué par son public.

Ruffier et les recrues vertes au rendez-vous

L'ancien international Espoirs a tout de même obtenu un penalty, permettant à Jussiê de maintenir l'espoir dans le camp marine et blanc (56e). Mais les insuffisances sont encore nombreuses à Bordeaux, et lorsque les Girondins sont parvenus à déborder la solide défense stéphanoise, ils se sont heurtés à un Stéphane Ruffier serein et efficace, au sol comme dans les airs. Comme les autres recrues estivales, l'ancien gardien monégasque a séduit. Une promesse parmi d'autres pour l'ASSE.

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S.C. JONQUIERES

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