L'Histoire du SC Jonquières : Partie 4

7 octobre 2014 - 13:29

    UNE EQUIPE REMARQUABLE… A TOUS LES POINTS DE VUE

Ce qui était remarquable dans cette équipe, c’est le fait que ces brillantes individualités se doublaient de fortes personnalités attachantes à plus d’un titre.

Ainsi Gute BOURDIER ! A première vue, il n’en imposait pas sur un terrain de football : petit, sec, nerveux, le cheveu en brosse, il n’avait rien d’un foudre de guerre ! C’était pourtant un élément-clef de l’équipe, le spécialiste incontesté des « basses besognes » car il possédait le don de neutraliser les adversaires les plus « huppés » du SCJ d’alors.

Tous les grands joueurs de la région, à cette époque, ont conservé certainement un souvenir amer des matchs qu’ils ont disputés contre JONQUIERES… et contre GUTE ! Car ils ne furent souvent que l’ombre d’eux-mêmes, PATRONE à Valréas, SIMON à Bollène, Rudy BLAHA à Villeneuve, REMO à Carpentras, LABACCI à la COHEBA, ASTRUC à Saint Rémy, … Tous ces remarquables « leaders » furent bien loin de réussir leur prestation habituelle, « marqués à la culotte » par GUTE « la sangsue ».

Et il n’est pas nécessaire de lui donner des consignes particulières : «D’aquéu, me n’en cargue ! » (« De celui-là, je m’en charge ! ») avait-il coutume de préciser avant le match. Et ça voulait tout dire !

Lorsque l’énervement gagnait son adversaire et que les esprits s’échauffaient… entre les antagonistes jusqu’à l’expulsion inévitable des deux joueurs par l’arbitre, GUTE ne paraissait pas affecté outre mesure par la sanction. Passant fièrement devant ses coéquipiers, il avait l’air de dire : « J’ai fait mon boulot… à vous de faire le vôtre ! »

Le gardien de buts, Jacques LOUCHE, était réputé pour arrêter les pénaltys… bien avant que le populaire gardien international Marcel AUBOUR n’assoit sa renommée dans ce domaine. Ainsi, un dimanche, à Pernes, alors que l’arbitre du match faisait retirer un pénalty que Jacques avait stoppé – en prétextant qu’il avait bougé avant le tir – et que les jonquièrois étaient tous dépités de cette décision injuste à leurs yeux… il cria : « Ne vous en faites pas, je vais l’arrêter ! »

Et c’est ce qu’il fit !

Quant à Danton LAFONT, son originalité résidait dans le fait que, bien que joueur de champ, il avait la fâcheuse habitude de se servir de ses mains. Bien avant que Diego MARADONNA ou Thierry HENRY s’illustrent dans cette voie en Coupe du Monde, DANTON s’était acquis la réputation de marquer plusieurs buts par saison… de la main… au nez et à la barbe des arbitres.

Au point qu’il lui arrivait même de mettre la main alors qu’il pouvait tout naturellement pousser le ballon de la tête ou de la poitrine… et de se faire ainsi sanctionner ! Ce fut le cas, un jour, à Villelaure, où l’égalisation était pourtant bien à sa portée !

Mais là où DANTON excellait, c’était sur les corners. Il venait très discrètement se poster derrière le gardien adverse et au moment-même où celui-ci se détendait pour cueillir le ballon, DANTON le retenait par le maillot. Ainsi, le malheureux goal restait cloué au sol pendant qu’un des nôtres ajustait tranquillement son coup de tête !

Evidemment, la pauvre victime, furieuse, s’en prenait à l’arbitre… qui, la plupart du temps, n’avait rien remarqué de suspect… car DANTON s’était éclipsé depuis longtemps !

Mais son coup le plus réussi fut à l’occasion d’un fameux match de Coupe JONQUIERES – CARPENTRAS (3ème division contre Division Honneur !) remporté par les jonquièrois (4 à 3 dont 3 buts d’Elie MARTI)

JONQUIERES obtint un coup franc à la limite des 18 mètres, un de ces coups francs qu’affectionnaient particulièrement Michel PLATINI ou JUNINHO. Mais le SCJ ne possédait pas de tireur d’élite… Par contre, il avait des joueurs « malins ». Et le tandem ROLAND – DANTON s’avéra tout aussi efficace !

DANTON s’en vint trouver ROLAND, chargé de tirer la pénalité, et lui chuchota : « Tire-le sur moi ! ». DANTON vint alors se placer dans le mur et à l’instant précis du tir, il accrocha violemment le maillot du capitaine REMO en poussant un grand cri. Les deux joueurs trébuchèrent… au moment même où ROLAND, d’une « frappe de mule », transperçait le « mur vide ». L’arbitre hésita à accorder le but… mais il crut à une faute de REMO voulant écarter l’intrus qui le génait, DANTON en l’occurrence. REMO qui, par la suite, vint jouer à JONQUIERES, pardonna très difficilement à DANTON son coup fourré ! Voilà comment se gagne un match historique !

Mais DANTON n’était pas qu’un « tricheur ». Ainsi, lors de la saison qui vit JONQUIERES être Champion de 3ème Division, il prétendait avoir marqué 83 buts ! Enlevons-lui une dizaine de buts plus ou moins litigieux, une douzaine de buts d’exagération comme tout bon pêcheur qui se respecte, il reste quand même 60 buts qui ne doivent rien à personne. Car DANTON était un « chasseur de buts », un « goaléador », un avant-centre type, vif, accrocheur, rusé… le style d’un Gerd MULLER, le célèbre buteur allemand qui marqua tant de buts décisifs dans des positions invraisemblables et dans des circonstances inouïes !

Quelle belle équipe !

A suivre…

Commentaires

S.C. JONQUIERES

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